Gloria Bell – Sebastiàn Lalio

Par Erwin S. le 12.03. 2019

Dans le cadre du Festival LuxFilmFest (Hors Compétition, sortie le 1er mai 2019)

Une femme d’une cinquantaine d’années cherche l’amour dans les clubs de Los Angeles.

La vraie vie débute à 40 ans. Ou à 50. Voire à 60. On a vu des cas où elle débutait à 70. Dans le cas de Julianne Moore, c’est à la cinquante-huitaine bien conservée qu’elle se décide à mettre ses échecs conjugaux derrière elle pour aller de l’avant en draguant des pépères en boîte. On devrait même dire « en discothèque » tant la bande-son est veillotte et peu inspirée (après un best-of de tubes 70’s et 80’s hyper trop connus assénés jusqu’à l’écœurement, on attend la chanson-titre tout du long en se demandant s’il s’agira de la version de Van Morrison ou de celle d’Umberto Tozzi ; il faudra attendre la scène finale pour entendre celle de Laura Branigan. Quelle audace !) C’est donc autour d’un verre que Maude Lebowski fait la rencontre de Barton Fink, qui traîne derrière lui les casseroles d’une vie passée, et cette référence aux frères Coen sera la seule car on s’ennuie pas mal devant ces 102 minutes. Maude (ici appelée Gloria) se sent belle et aimée et jeune, du coup elle fait du sac de couchage volant, du paintball et s’enivre sur des tourniquets pour enfants. Mais Barton (appelons-le Arnold), englué dans la toile vicieuse de son ex-famille dysfonctionnelle et bas de plafond, s’avère aussi lâche et peu fiable que les autres hommes. Notre héroïne continuera donc son parcours post-ménopause seule mais épanouie. Fin.

Restent une mise en scène habile et efficace et quelques très jolis plans, dont l’un où Gloria, accroupie, donne un billet à un petit squelette marionnette qui danse dans la rue (elle embrasse sa propre mortalité ?), et un autre où elle se repose, nue sur un lit, son intimité habilement masquée par un chat sphinx, donc nu également, qui hante son appartement et qu’elle a fini par accepter après l’avoir maintes fois mis à la porte. Comme son destin, finalement.

[NDLR]: on vous conseille chaleureusement la version originale de « Gloria » du même réalisateur Sebastiàn Lalio. L’actrice Paulina Garcia avait d’ailleurs gagné l’ours d’argent à la Berlinale en 2013.